• Le sacre de l'homme



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    Après L’Odyssée de l’espèce (2003), qui racontait 7 millions d’années d’évolution de l’homme, du premier primate bipède à l’arrivée d’Homo Sapiens ; après Homo Sapiens (2005), qui traitait de l’apparition de notre ancêtre jusqu’aux premières sédentarisations, Le Sacre de l’homme retrace notre histoire des débuts de la sédentarisation à la naissance des premières civilisations.

    DE L’AGRICULTURE AUX GRANDES CITÉS
    Il y a douze mille ans, l’homme prend un tournant décisif : il sort de la préhistoire et pose les fondations des premières civilisations. En quelques milliers d’années, Homo Sapiens abandonne sa vie de nomade pour s’installer dans les premiers villages. Il se sédentarise, invente l’agriculture, l’élevage, le commerce, les religions, la roue, la métallurgie, l’écriture, l’architecture… Il construit des cités et imagine une société complexe, organisée, hiérarchisée. Il communique grâce à l’écriture, échange ses biens et son savoir à travers les continents. En 8 000 ans, la population de la planète passe de trois millions à cent millions d’habitants.
    Sur son chemin, de nombreuses épreuves l’attendent. L’esprit de propriété engendre les premières guerres, le bétail provoque des épidémies ravageuses, la surpopulation des famines… Mais Homo Sapiens Sapiens continue inlassablement à construire la société qui est aujourd’hui la nôtre.
    Du nomade chasseur-cueilleur à l’homme urbain vivant selon une organisation sociale sophistiquée, Le Sacre de l’homme est le récit des grands moments qui ont conduit à travers les siècles à notre naissance.

    Source: france2.fr

    Partie 1/9

     

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    LA CRITIQUE sur teléobs.com :

    Dans le genre documentaire, c'est plutôt grandiose. Après l'«Odyssée de l'espèce» et «Homo sapiens», voici la rediffusion du troisième volet de la fabuleuse aventure de notre espèce, et il s'agit cette fois de l'invention de la civilisation. Le défi ne faisait pas peur au réalisateur Jacques Malaterre, qui signe ici le film dont il se déclarait, lors de sa première diffusion, «le plus fier». C'est aussi celui qui a disposé des moyens les plus généreux, car «il a été plus facile de réunir des coproductions étrangères». Pour cause de consensus : si toutes les nations ne sont pas unanimes sur les lointaines origines de l'homme, à mesure qu'on s'approche de l'époque historique, tout le monde tombe à peu près d'accord sur le fait que la civilisation est née au Moyen-Orient, dans le «croissant fertile», autour de l'Irak actuel. Là sont apparus les villages, les villes, la sédentarité, l'agriculture, l'écriture, la domestication des animaux, la propriété (et donc les guerres), puis le progrès technique, l'organisation du pouvoir étatique, la monnaie... ainsi que les premières épidémies ravageuses. En somme, tous les ingrédients qui devaient, quelques millénaires plus tard, façonner le monde moderne.
    Il n'y avait donc qu'à puiser dans cette suite d'événements, qui constituent autant de scénarios libres de droits, pour reconstituer «le Sacre de l'homme» tel qu'il s'est déroulé : pas de doute, c'est du vécu. D'ailleurs les scientifiques Yves Coppens et Jean Guilaine veillaient au grain. Il a tout de même fallu découper en tranches l'épopée d'Homo sapiens, pour en faire quatre docu-fictions, qui se partagent les millénaires entre 12 000 ans et 2 300 ans avant notre ère. En 8 000 ans, la population mondiale passe de 3 à 100 millions d'individus : ce taux d'expansion montre à quel point la civilisation favorise la fécondité - ce que l'on continue à vérifier de nos jours, avec près de 7 (bientôt 10) milliards de bipèdes. On nous signale que, voici 12 000 ans, avec la fin de la glaciation, c'est un soudain réchauffement climatique (déjà) qui a permis l'envolée de l'aventure humaine : tous les espoirs nous sont donc à nouveau permis...
    A la préhistoire, c'est évidemment la sédentarité qui a constitué l'étape décisive. Avec du bétail, des champs cultivés, des maisons en dur et des stocks de provisions (céréales, viandes fumées, etc.), on se retrouve avec des biens à protéger, convoités par les nomades et les autres. Pourtant, le film nous le montre, tout n'est pas si simple. Pour se développer, la civilisation supposait que subsistent des peuples itinérants. Pas seulement pour créer les premiers réseaux d'échanges. Ainsi la domestication du chien semble être l'oeuvre des nomades, or les sédentaires en avaient rudement besoin pour protéger leurs maisons et leurs troupeaux. Nomades et sédentaires avaient donc chacun leur rôle à jouer. La civilisation est née aussi de leurs interactions : on a toujours eu besoin de tout le monde, c'est une leçon à retenir. Parmi d'autres épisodes clés de notre fascinante histoire, la création puis la diffusion de l'écriture est ici excellemment contée à travers une fiction - celle du jeune berger inculte qui réussit à s'en approprier le secret. Car l'écriture, contrairement à ce qu'on aimerait croire, n'a pas été imaginée pour diffuser la culture au plus grand nombre. Au contraire, du côté de Sumer et de Ninive, en Mésopotamie, c'était un code hermétique, réservé à un corps de scribes assermentés et au service du roi, dédié à son impitoyable comptabilité fiscale. On pourrait remarquer de même que les agences de presse modernes ont été créées pour diffuser des informations financières et boursières, ne livrant qu'accessoirement leur «f l» au service des informations générales durant les heures creuses : la finance a toujours mené le monde...
    «Le Sacre de l'homme» n'existe qu'en version sous-titrée : le réalisateur voyait mal toutes ces tribus de quasi-sauvages parler français, anglais, ou toute autre langue moderne. Alors les dialogues ont été traduits... en langues mortes, comme le sumérien. Et «pour plus de vraisemblance», les acteurs priés de prononcer leurs textes «avec un accent arabe». Heureusement, aucun Sumérien d'époque ne pourra les entendre. Et pour nous, ma foi, c'est parfait...