"Je me dis souvent que si nous n'avions pas accepté, depuis des générations, de voir étouffer les animaux dans les wagons à bestiaux, ou s'y briser les pattes comme il arrive à tant de vaches ou de chevaux, envoyés à l'abattoir dans des conditions absolument inhumaines, personne, pas même les soldats chargés de covoyer les déportés, n'aurait supporté les wagons plombés des années 1940-45. Si nous étions capables d'entendre le hurlement des bêtes prises à la trappe - toujours pour leur fourrure - et se rongeant les pattes pour essayer d'y échapper, nous ferions sans doute plus attention à l'immense détresse des prisonniers de droit commun - dérisoire parce qu'elle va à l'encontre du but, qui serait de les améliorer, de les rééduquer, de faire d'eux des êtres humains".Les Yeux Ouverts