Il est là, Monsieur Minc, fidèle au poste, comme une concierge de luxe qu’on s’offre quelques heures par mois pour entendre les derniers bruits du village parisien.
Car il fut une époque où les conseils d’Alain Minc était recherchés, où son brillant esprit était unanimement loué , comme ses analyses pertinentes . Mais tout se fane et même les titres de major de l’ENA s’usent relativement à l’épreuve des faits. Quelques années et quelques mauvais conseils financiers plus tard, l’astre Minc a faibli même s’il parvient encore à faire l’illusion.
On ne sait d’ailleurs pas qui est le plus à plaindre dans cette histoire : lui qui commence à tourner comme un vieux 45t usé ? Ou ceux qui continuent de l’écouter ?
Mais qu’importe, Alain Minc SAIT . Qu’on se le dise. Il sait tout sur tout. Il est même pétri d’un humour ravageur. Comme sa dernière saillie, digne de la meilleure école du rire.
Comparant Nicolas Sarkozy à un doctorant dans un séminaire d’Harvard. Notons la sympathie de la métaphore pour le Chef de l’Etat, dont il est l’un des conseillers officieux.
Premier point important. Le Président aurait donc à peine un niveau de doctorant ? C’est assez faible pour diriger un Etat, convenons en. Certains ont été débarqués de l’Elysée pour moins que cela. Alain Minc devrait se méfier.
Et pendant ce temps, Ségolène Royal serait, elle, dans un centre d’apprentissage à Niort ?
L’un n’étant pas incompatible avec l’autre. En Février 2008, justement, Ségolène Royal était à Harvard, donnant une conférence en anglais à la célèbre Kennedy School devant un millier d’étudiants enchantés. Nous n’avons pas le souvenir que Nicolas Sarkozy ait accepté l’invitation, pourtant lancée par l’Université d’Harvard, de venir s’exprimer en anglais devant des étudiants particulièrement brillants. Problème d’agenda ? De traduction ? Qui sait…..
Mais qu’importe !
Harvard et Niort ne sont donc pas incompatibles comme le démontre Ségolène Royal.
Au-delà du léger fumet sexiste qu’il nous semble détecter dans cette comparaison hasardeuse, et inamicale à l’égard d’une ancienne condisciple de l’ENA et de Sciences Po, on ne saurait trop conseiller à Monsieur Minc de retourner en apprentissage.
D’abord pour y apprendre la vraie vie. Depuis les lustres qu’il pantoufle, sait il encore à quoi ressemble ce pays et comment vivent des millions de ses concitoyens dont on oublie très vite, il est vrai, l’existence lorsqu’on s’enferme dans un périmètre qui va de l’Elysée au Boulevard St-Germain en passant par quelques bons restaurants du 16ème arrondissement.
Ensuite pour y apprendre les bonnes manières.
Quand on a été condamné pour plagiat littéraire, qu’on est sorti par la petite porte du grand quotidien Le Monde, qu’on provoque une défiance quasiment unanime de la part des décideurs actuels, on évite de donner quelque leçon que ce soit à qui que ce soit. Nous n’aurons pas la cruauté de rappeler à Monsieur Minc qu’un certain nombre de ses conseils à des grandes entreprises se sont soldés par des échecs cuisants. Rappelons lui tout de même qu’en terme de réussite, Ségolène Royal peut se vanter, elle, de sauver des emplois dans sa Région, notamment en participant à la reprise de l’entreprise Heuliez.
Qui est compétent ? Monsieur Minc ? Ou Madame Royal ? Poser la question, c’est déjà y répondre.
Fort heureusement pour nous tous , Alain Minc se trompe très souvent.
Qu’il s’agisse de son tropisme balladurien en 1995, de son rôle de patron de presse ,de ses conseils économiques hasardeux, voire désastreux pour reprendre l’expression de certains de ses anciens amis, qu’il s’agisse de ses amitiés élyséennes qui tourneront comme le vent fait tourner les girouette, ou de ses analyses qui sont à la pensée politique ce que le mousseux est au champagne, l’incompétence du compétent Monsieur Minc ne devrait pas manquer particulièrement à Ségolène Royal pour poursuivre son chemin politique.
C’est d’ailleurs une excellente nouvelle : Alain Minc ne la soutient pas. Ouf !
Par l'équipe de Ségolène Royal