"On n'est pas à l'abri de petites épidémies de chikungunya dans le sud de la France", estime le Dr Arezki Izri, médecin entomologiste au Centre hospitalier universitaire (CHU) Avicenne à Bobigny (Seine-Saint-Denis), après la découverte d'un premier cas autochtone en France métropolitaine.
Interrogé samedi par l'Associated Press, ce parasitologue a souligné que le risque d'épidémie existait "mais pas tout de suite".
Le moustique-tigre, qui transmet le virus, est "présent", "bien implanté" et "abondant" dans le sud de la France, observe le médecin. "Maintenant, il est partout dans le Sud. On le retrouve depuis la frontière italienne jusqu'à Marseille-Montpellier. Et puis probablement, il commence à remonter, mais on n'a pas encore de précisions là-dessus".
"Bien sûr, les autorités prennent des mesures chaque fois que quelqu'un signale la présence de moustiques-tigres. Mais tout le monde ne signale pas, ce qui fait que le moustique prolifère quand même tranquillement", déplore le Dr Izri.
Le praticien hospitalier rappelle qu'une épidémie de chikungunya s'est déclarée il y a deux-trois ans dans le nord de l'Italie à partir d'un cas importé et qu'elle a affecté plus de 250 personnes. Or, la France a "des échanges certainement beaucoup plus importants" avec ses îles touchées, comme la Réunion, et certains pays asiatiques où sévit le virus.
"Il y a un risque potentiel de voir à tout moment arriver un sujet qui est touché par le chikungunya, et qui peut arriver en France en pleine virémie, c'est-à-dire au moment où il a beaucoup de virus dans sang, et si à ce moment-là il est piqué par un ou plusieurs moustiques-tigres français, ces moustiques sont susceptibles de transmettre la maladie à d'autres personnes", explique le Dr Izri.
"Donc, on peut à tout moment voir éclater des petites épidémies, qui seront certainement vite jugulées. Mais bon, on n'est pas à l'abri de petites épidémies de chikungunya dans le sud de la France".
Pour éviter une propagation, "les médecins doivent être vigilants à tout syndrome pseudo-grippal" que pourraient présenter leurs patients séjournant ou ayant séjourné dans le sud de la France, note le maître de conférences à Paris XIII.
Environ cinq jours après avoir été piqué par un moustique-tigre, le malade souffre brutalement de fièvre et d'une très grosse fatigue. Surtout, il a tellement mal aux muscles et aux articulations qu'il a l'impression d'être "cassé", "broyé", "plié en deux". Un examen de sang recherche les anticorps spécifiques pour confirmer le diagnostic. Si le chikungunya est confirmé, le médecin doit rechercher d'autres cas dans l'entourage du patient et informer les autorités sanitaires, qui prennent alors des mesures de démoustication.
Les particuliers doivent aussi donner l'alerte chaque fois qu'ils voient un moustique-tigre, qui est petit, noir et présente des taches blanches.
Ils doivent enfin éviter de laisser des récipients d'eau stagnante où les moustiques peuvent pondre leurs oeufs: un seau abandonné dans le jardin, une petite piscine pour enfants qui, laissée à l'extérieur, se remplit d'eau quand il pleut, ou encore une coupelle sous un pot de fleurs.
Quelles sont les mesures de lutte possibles contre les moustiques vecteurs de maladie ?
Il n’existe ni vaccin, ni traitement préventif contre l’infection à chikungunya. Pour lutter contre l’épidémie, il existe deux stratégies, qui sont complémentaires :
• la lutte antivectorielle, sous la responsabilité des services de lutte antivectorielle, est destinée à tuer les moustiques qui diffusent la maladie. Elle a deux composantes :
- larvicide, dont l’action est dirigée spécifiquement contre les larves de moustiques ;
- adulticide, dont l’action est dirigée spécifiquement contre les moustiques adultes ;
• la lutte communautaire, qui est de la responsabilité de tous, consiste à détruire les gîtes potentiels autour des habitations (eau stagnante dans les soucoupes, vases, seaux, détritus...) pour priver les moustiques des sites où leurs larves peuvent se développer.
Enfin, les actions de protection individuelle permettent de réduire le nombre de piqûres par les moustiques et par conséquent le risque d’infection dans les zones où des maladies transmises par les moustiques circulent. A cet effet, il est possible d’utiliser spray et crèmes antimoustiques, diffuseurs électriques, serpentins (à l’extérieur des habitations), vêtements longs et amples, et moustiquaires… La protection des femmes enceintes et des très jeunes enfants doit être particulièrement renforcée, notamment lorsque des virus tels que la dengue ou le chikungunya circulent, à l’aide des produits recommandés pour cette population (BEH Recommandations voyageurs 2010). Le moustique vecteur pique la journée, essentiellement à l’extérieur des maisons, avec une activité plus importante en début de matinée et en fin de journée. Ces mesures sont très importantes et doivent être appliquées de façon quotidienne.
PLUS d'informations sur le chicungunya sur le site de l'Institut de veille sanitaire
J'en remet une couche !
Videz toutes les eaux stagnantes (balcons, vérandas, jardins) ou vérifier tous les 2 jours vos récipients (les larves de moustiques se voient facilement : elles se tiennent en surface pour respirer et sont souvent accollées aux parois.)

Pour les bassins, mettez des poissons rouges!

ou mieux des gambusies
