Tout d’abord, notons la qualité des acteurs, tous ou presque inconnus, qui jouent extrêmement biens. Ils sont aussi drôles qu’ils peuvent être émouvants. Nadine Labaki, comme les autres femmes du film, réussit le tour de force de nous intéresser tout du long, sur un sujet qui pourtant n’est pas évident à traiter. C’est un film hypnotisant, qui fait réfléchir sur la vie et rien que pour ça il faut aller le voir. On ne saurait oublier de dire que l’on ne s’ennuie pas et qu’aucune longueur n’est à déplorer, ce qui est, il faut bien le dire, rare. C’est aussi dynamique et très expressif, mêlant intrigues, scènes de vie, deuil, amitié et amour. D’ailleurs, le mythe d’amour impossible entre Roméo et Juliette est ici réactualisée entre Amale et le beau travailleur de son café, l’une catholique et l’autre musulman. De très belles chansons, sous forme de duo, se mêlent à leur histoire d’amour, filmée dans le sous entendu et de manière très pudique. D’autres scènes chantées sont aussi présentes permettant aux femmes d’extérioriser leur désir, fondamental, de paix et de convivialité.
Finalement, on rit à gorge déployée pour être ensuite repris par la tournure dramatique des événements. C’est un très beau portrait de femmes qui est ici brossé et qui donne espérance en l’avenir : il nous renvoie à nos fondamentaux. Ce film est également une interrogation sur la perception de sa foi et de comment elle nous amène à des extrêmes qu’elle-même ne souhaite certainement pas. C’est en fait un message très porteur d’union au sens large du terme. Il fait aussi réfléchir sur l’instrumentalisation des médias : c’est parce que la télévision arrive dans le village que les hommes se rappellent et ravivent leurs tensions.
Pour finir, il faut souligner le talent de la mise en scène, avec de très belles couleurs, des répliques qui font mouche et aussi de très belles chansons. « Et maintenant on va où ? » marque par sa poésie et sa finesse sous ses airs de film fait, refait et revu.
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