"Les exilés Afghans feraient mieux d'aller faire la guerre chez eux". Une phrase de Frédéric Lefebvre, porte-parole de l'UMP, postée sur Twitter. Une sortie qui vise à défendre l'expulsion de neuf Afghans vers Kaboul mardi soir.
Dans un communiqué, il s'interroge encore: "Qui pourrait comprendre que des Afghans dans la force de l'âge n'assument pas leur devoir, et échappent à la formation que, notamment les forces françaises, leur proposent pour défendre leur propre liberté dans leur pays?"
Arguments chocs
Thierry Mariani, député UMP du Vaucluse, et représentant spécial de France pour l'Afghanistan et le Pakistan, n'a pas trouvé mieux.
Dans un communiqué, il dit que "son estime va davantage aux jeunes Afghans qui ont fait le choix de rester dans leur pays pour le reconstruire et lutter contre les taliban aux côtés des soldats français qu'à ceux qui le fuient".
Interrogé par Libération, Pierre Henry, président de l'association France Terre d'asile, a fait un rappel historique: "Il faudrait rappeler à Monsieur Lefebvre que même dans notre beau pays, en 1940, toute la population française ne s'est pas transformée en résistants".
"Nous voilà complices de désertion"
Il ajoute: "Jusqu'à présent, on pouvait lire ces propos dans des forums ou des blogs, pas dans la bouche de dirigeants politiques".
En effet, dès le mois d'octobre, lors de la première expulsion d'Afghans issus de la "jungle" de Calais, on pouvait lire ce genre de propos.
A l'époque, Jean-Dominique Merchet, journaliste à Libération, citait sur son blog le général Claude Le Borgne, de l'Association de Soutien à l'Armée Française: "Alors que nos soldats risquent leur peau en Afghanistan, non pas, comme on le répète bêtement, pour notre propre défense, mais pour aider les Afghans à mettre leurs trublions à la raison et à construire un État qui se tienne, nous devrions ouvrir nos portes à ceux d'entre eux qui refusent les risques d'une guerre autochtone." "Nous voilà complices de désertion", dit encore le général.