Ce conte noir déploie son imaginaire sans jamais oublier le réel. La machine a une âme et ça se sent. D’ailleurs, cette sensibilité, cette puissance d’une pensée mise au regard d’un pouvoir qui contraint, est le sujet profond du film. Ofélia est une fillette qui, au milieu des horreurs de la guerre, préfère se réfugier dans un monde personnel où les fées côtoient les crapauds géants. Sa mère vient de se remarier avec un haut gradé franquiste dont elle attend un enfant. Au début, la petite famille arrive dans une forêt où s’organise la résistance. Au final, del Toro dit, tout en montrant la beauté, l’impasse d’un imaginaire refermé sur lui-même, et souligne la victoire d’un autre idéal, plus concret : celui des résistants. Ce Labyrinthe est donc plus tortueux qu’il y paraît. Il nous touche aux tripes et au cœur, se colle à nos rétines et stimule notre cortex.