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Madame de La Fayette. Gravure du XVIIe siècle. Paris, Bibliothèque Nationale
Il suffit de passer quelques jours en France pour être frappé par la place qu'y tient la culture classique. A la fin octobre, l'ancien Premier ministre Edouard Balladur a passé une large part de la longue interview qu'il avait accordée au quotidien Libération à parler de ses maîtres - Blaise Pascal, Arthur Rimbaud et Marcel Proust - plutôt que de politique. Dominique de Villepin, naguère Premier ministre, a consacré un livre à la poésie [Eloge des voleurs de feu, Gallimard, 2003]. Si l'on remonte plus loin encore, Georges Pompidou est l'auteur d'une Anthologie de la poésie française [édition de 1974, encore disponible aux éditions du Livre de poche] ; c'est aussi à la gloire de ce dernier et à celle de l'art moderne qu'a été érigé le Centre Georges Pompidou.A son tour, Nicolas Sarkozy est venu confirmer ce particularisme, quoique de manière négative. Voilà quelque temps, le président a tenu des propos méprisants au sujet du roman de Madame de La Fayette La Princesse de Clèves. Le président estimait que l'on pouvait être un citoyen français à part entière sans avoir lu ce classique du xviie siècle. Ses propos ont fait scandale et, en guise de protestation, les Français se sont précipités pour lire le chef-d'œuvre de Madame de La Fayette comme jamais par le passé.
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