Eklablog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Désirs d'avenir Marseille Comité Net

Publicité

Universités : l'Elysée annonce de "nouvelles pistes"

 Le président de la République Nicolas Sarkozy a demandé, vendredi 13 février, que soient "rapidement explorées de nouvelles pistes pour l'évaluation des enseignants-chercheurs et l'organisation de leurs services". Une précaution de vocabulaire, pour cacher un recul probable.

Cette déclaration, relayée par un communiqué de l'Elysée, à l'issue d'un entretien avec Valérie Pécresse, ministre de l'enseignement supérieur, et la médiatrice Claire Bazy-Malaurie, donne un nouveau coup de canif au projet de réforme du statut des enseignants-chercheurs.

Ce texte prévoit l'évaluation des universitaires tous les quatre ans, sur leurs activités. Il donne aux présidents d'université le pouvoir de décider, sur la base de ces évaluations, des promotions et de la modulation du temps de service de leurs personnels. Les enseignants-chercheurs dénoncent les risques d'arbitraire, d'une hausse des heures d'enseignement, et une atteinte à leur indépendance.

Les propos du chef de l'Etat balaient aussi les deux mois de concertation supplémentaire, annoncée lundi 9 février par Mme Pécresse. Dans l'espoir de calmer la contestation contre cette modification du décret de 1984, la ministre avait désigné Mme Bazy-Malaurie, présidente de chambre à la Cour des comptes et spécialiste des questions universitaires, pour "prolonger la concertation". La médiatrice avait assuré vouloir "un texte nouveau", reprenant toutefois les bases du texte actuel. Elle avait souligné que sa mission n'était "pas de (le) retirer" mais de "l'améliorer".

Déjà contrainte de passer la main à une médiatrice pour tenter de renouer le dialogue avec les universitaires, Mme Pécresse voit son autorité ministérielle contestée, cette fois par le chef de l'Etat. M. Sarkozy avait déjà dépossédé sa ministre du dossier en annonçant, au cours de son intervention télévisée du jeudi 5 février, être prêt à discuter des "modalités" de l'évaluation des enseignants-chercheurs, même s'il avait précisé que son "principe" était "incontournable". Une nouvelle étape est franchie, qui devrait aboutir à un détricotage probable du projet de Mme Pécresse et, au-delà, d'une partie de la loi sur l'autonomie des universités, votée en août 2007.

 

DÉLAI SUPPLÉMENTAIRE

 

Les tentatives de la ministre pour déminer le terrain ont échoué. Le ton s'est durci du côté des présidents d'université et de la coordination nationale des universités qui a lancé un appel à une nouvelle journée de manifestations, jeudi 19 février. Une intersyndicale de l'enseignement supérieur et de la recherche - FSU, CGT, FO, Solidaires, Sauvons la recherche, Sauvons l'université, UNEF - a appelé, vendredi, à participer à cette journée nationale.

Concernant la réforme de la formation des enseignants du primaire et du secondaire, elle aussi contestée, une concession a aussi été faite. L'Agence d'évaluation de la recherche et de l'enseignement supérieur, chargée d'évaluer les projets de futurs masters d'enseignement, a annoncé, vendredi, que les universités avaient jusqu'au 31 mars pour rendre leurs projets de maquettes (contenus de la formation).

Le ministère avait fixé au départ la date au 15 février mais nombre d'universités, pour protester contre la réforme, refusaient de les remettre à temps. Ce délai supplémentaire rend presque impossible la mise en application de la réforme pour 2010. Mais il peut constituer pour le gouvernement un alibi précieux pour justifier en douceur, et, le moment venu, un report de la réforme.

Catherine Rollot, lemonde.fr
Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article