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Europe : les étudiants se révoltent

L'austérité menace, la révolte grandit. Même motif, même punition. Depuis plusieurs semaines déjà, la révolte estudiantine gronde en Europe. Outrance royale. Jeudi soir, la Rolls du prince Charles et sa femme Camilla était prise pour cible par des étudiants au sortir d'une soirée au théâtre. Résultat, quelques vitres cassées.
Certes, de la vitre de Rolls caillassée à la guillotine, il y a un pas qu’on ne saurait franchir. Il n’empêche. L’attaque à la hussarde est inédite.

L’Italie n’a pas de roi, mais les manières autocrates de Berlusconi et son « bonapartisme », lui ont valu le surnom de César. « Petit César » s’entend. Et lui aussi, vacille sur son trône. Doucettement mais sûrement. De violents affrontements entre jeunes et forces de l’ordre ont fait une centaine de blessés en plein coeur du centre historique de Rome ce mardi.

Près de 100.000 manifestants s‘étaient réunis dans le calme pour protester contre la politique du gouvernement. Mais le mouvement a dégénéré à l’issue du vote de confiance remporté par le chef du gouvernement.
Une quarantaine de personnes ont été interpellées à Rome et la capitale italienne n’a pas été la seule à s’enflammer. Des manifestations ont également eu lieu à Milan, Gênes, Naples ou encore Turin.

Notre faim de culture bouffera tout !

Déjà le 30 novembre, des dizaines de milliers d’étudiants défilaient dans les grandes villes italiennes contre la réforme des universités. Une mobilisation destinée à « paralyser » le pays par des cortèges spontanés.
Occupation de facultés, de monuments, blocage de trains, de circulation. Dénonçant une « éducation à genoux », les étudiants souhaitaient « sauver l’université publique de la mort » : « Cette réforme coupe les fonds pour les bourses et diminue de façon drastique la représentation des étudiants. Elle élimine la figure du chercheur et surtout taille dans le financement du fonctionnement ordinaire des universités » indiquait l’Union des universitaires.

Les cortèges étaient parsemés de quelques banderoles: « notre faim de culture bouffera tout, dehors la dictature » ou « vous, une caste scandaleuse, nous, une majorité bruyante » tandis que certains manifestants tiraient des fusées fumigènes vertes. La réforme de l'Université prévoit notamment la fusion des établissements les plus petits, l'entrée dans les conseils d'administration d'experts extérieurs au monde académique et réduit le mandat des recteurs. Ses détracteurs estiment qu'elle vise avant tout à faire des économies.

Constatant les violences, le chef du gouvernement italien Silvio Berlusconi a dénoncé des «bandes organisées de vandales» et le principal leader de l’opposition Pierluigi Bersani a condamné les violences qui ont dévasté le centre historique de Rome.
Les affrontements à coups de barres de fer, pavés et pétards d’un côté, lacrymogènes et coups de matraque de l’autre, ont opposé de petits groupes de protestataires, proches, selon les médias italiens, de l’extrême-gauche ou des Black Block néo-anarchistes mais également d’ultras de droite aux policiers et carabiniers.
Bilan: 57 blessés parmi les forces de l’ordre, 62 au sein des manifestants, pour la plupart légèrement touchés, et 41 jeunes interpellés dont une vingtaine pourraient faire l’objet de poursuites.

Berlusconi fragilisé et soupçonné d'achats de voix

Suite et fin sur Marianne2.fr


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