Cela se traduit clairement dans les sondages : 93 % des enseignants jugent leur profession dévalorisée et près de la moitié sont prêts à changer de métier. Alors conseiller de M. Nicolas Sarkozy, M. Xavier Darcos, dans un rapport sur la situation morale des enseignants, évoquait en 2006 cette dévalorisation comme un élément objectif.
Le désarroi des enseignants face au désengagement de l'Etat, à la perte de sens de leur travail, à l'absence de dialogue et de concertation, aux abus de pouvoir de la hiérarchie, à l'atteinte à la liberté pédagogique, à l'échec et à la violence scolaire, au non respect des besoins et des droits fondamentaux des enfants, entravent fortement la possibilité d'une évolution positive de l'école.
Les attaques de Xavier Darcos contre l'Ecole l'année dernière ont aggravé incontestablement la situation morale des enseignants. Notre désobéissance dans ce contexte est un sursaut de conscience professionnelle face à une situation que beaucoup de collègues jugent sans espoir.
Le tableau ne serait pas complet si l'on n'évoquait pas le stress des élèves, voire leur détresse, qu'il devient difficile d''entendre par manque chronique de moyens humains (RASED, infirmières, médecins scolaires, personnels de vie scolaire, ...).
M. le Ministre doit donc faire face à une situation de crise que personne ne veut voir. Il y a urgence à ouvrir une enquête sur le stress des enfants et des enseignants dans l'école d'aujourd'hui.