Depuis son élection à la présidence américaine, la section "Open for Questions" (questions ouvertes) de son site Internet, Change.gov, a ainsi recueilli, vendredi 2 janvier, 3 548 692 votes sur les questions posées aux internautes par l'équipe de transition. Mais, surtout, 82 831 personnes ont fait connaître leurs principales préoccupations. Plus que l'état de l'opinion, celles-ci sont indicatives des questionnements de la base "obamiste". L'économie, sans surprise, y domine.
Que fera M. Obama afin d'imposer aux banques d'être "comptables de l'usage des sommes indécentes" qu'elles ont reçues de l'Etat pour les renflouer ? demande Amelie V., de Long Beach, en Californie. Cette question ainsi que les interrogations sur la politique qu'il mènera sur l'emploi reviennent le plus fréquemment. Mais tous les thèmes sont abordés : "Comment nous défaire de notre addiction aux énergies fossiles ?" Le président annulera-t-il le programme de surveillance du terrorisme qui restreint les libertés civiques ? Mènera-t-il "une diplomatie équilibrée" dans le conflit israélo-palestinien ?
Ailleurs, sous l'intitulé "C'est votre Amérique", le site appelle les militants associatifs à "raconter les expériences" novatrices et réussies qui pourraient être utilement dupliquées.
Mais la démocratie participative ne fonctionne pas à sens unique : le sommet peut, lui aussi, en appeler à la base. En faisant entrer à la Maison Blanche la plupart de ceux qui ont dirigé son site de campagne, c'est ce que compte faire le président élu.
UN VASTE RÉSEAU INTERACTIF Son équipe détient désormais un fichier de plus de 13 millions d'adresses e-mail, dont le potentiel de croissance semble loin d'être atteint. Selon une étude du centre de recherches Pew et de l'association American Life Project, 62 % des 66,7 millions d'électeurs de M. Obama sont disposés à mobiliser leur entourage pour soutenir ses décisions. Mais en même temps que l'admiration qu'elle suscite, cette nouvelle manière de faire de la politique fait aussi naître des craintes. L'une d'elles est que ce réseau devienne pour les groupes militants le principal vecteur d'influence sur la Maison Blanche ; ainsi le mouvement de gauche Move On demande à ses 4 millions de supporters de participer activement aux questionnaires de Change.gov. La seconde inquiétude tient au fait qu'à la première difficulté - avec le Congrès, par exemple -, M. Obama puisse activer dans l'instant des millions de partisans qui submergeraient les élus d'appels téléphoniques ou de courriels. Sylvain Cypel (New York, correspondant). lemonde.fr
Certaines sources médiatiques évoquent souvent une base de données citoyenne de 10 à 12 millions d'adresses e-mail dans le "carnet d'adresse" du team Obama. Une chose est sûre, depuis son élection, Obama ne se prive pas de messages réguliers par courriel sur ses intentions, son équipe de transition, etc. Intéressant de voir ce qu'il ressortira des ces "Réunions à domicile du Changement qui Arrive" ("Change is Coming house meeting").
L'e-mail "personnalisé", avec pour ma part "Jean-Francois--" en tête de lettre, prend des tons très fraternels, où il est fait référence à Barack et à Joe (nos amis, bien sûr!) pour le président élu Barack Obama et le vice-président élu Joe Biden. Changement de ton et de communication aussi. Vraiment tous partie d'une grande famille du changement... y compris un journaliste étranger...?
Au passage, il est encore et toujours possible de faire un don pour Barack Obama dans ces e-mails envoyés. Depuis le début de sa campagne (de l'annonce de sa candidature officielle en février 2007), l'ancien sénateur de l'Illinois a récolté environ 750 millions de dollars de la part de 3,95 millions de donateurs, selon des chiffres tous frais publiés par le website indépendant Politico. Tous records présidentiels battus. Solidarité certes, mais toujours affaire de gros sous également.
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Débats participatifs : Obama vs Royal