SAUVONS L’ECOLE DE DEMAIN !
La parodie des épreuves écrites de l’automne 2010 n’aura pas lieu ! Nous, enseignants, chercheurs, formateurs, engagés dans la préparation des concours et universitaires soucieux de l’avenir des étudiants, de la formation des enseignants et du service public, réaffirmons notre attachement au recrutement des enseignants par concours de la fonction publique et nous engageons à sauvegarder la qualité et la crédibilité de ces concours qui garantissent le statut et l’indépendance des enseignants.
Or, tous les acteurs de la communauté éducative (Universités, CNESER, syndicats, associations, CPU…) constatent que les dispositions relatives à la réforme dite de « masterisation » créent une situation impossible, particulièrement intenable pour la session 2010-2011 des concours de recrutement des enseignants du primaire et du secondaire.
Le calendrier imposé par le gouvernement, qui fixe les épreuves écrites d’admissibilité entre octobre et décembre 2010, interdit de mettre en place une quelconque préparation de ces concours à partir de septembre 2010, et ce quelle que soit la nature des épreuves et le contenu des programmes. Prétendre le contraire serait tromper les étudiants futurs candidats, les parents d’élèves, et mettrait en péril la crédibilité du système éducatif et universitaire.
En conséquence, confrontés à cette impossibilité manifeste, nous refusons d’organiser ou de participer à la session des concours prévue à l’automne 2010 (CRPE, CAPES, CAPET, CAPEPS, CAPLP, CPE).
Si le gouvernement s’obstinait à imposer des épreuves aberrantes, nous prendrions toutes nos responsabilités en vue d’obtenir leur annulation. Nous nous engageons à maintenir en place, à la rentrée 2010, de véritables préparations aux concours de recrutement, ouvertes à tous les étudiants titulaires d’une licence, et selon un calendrier compatible avec les exigences d’équité et de qualité du recrutement. Nous demandons solennellement aux ministres concernés de prendre toutes les dispositions nécessaires au maintien des épreuves de concours en fin d’année universitaire (printemps 2011). En responsabilité et en solidarité avec les étudiants candidats, avec nos collègues enseignants en poste dans les écoles, les collèges et les lycées, avec les parents d’élèves et avec l’ensemble du corps social, nous réaffirmons ainsi notre engagement au service de la formation des étudiants et des futurs enseignants, en refusant l’application d’une réforme inapplicable. La non tenue des épreuves à l’automne 2010 permettra, en outre, de bloquer la mise en œuvre des stages de 108 heures consécutifs aux épreuves d’admissibilité.
NOUS SAUVERONS LE RECRUTEMENT ET LA FORMATION DES ENSEIGNANTS !
La CNU soutient l’appel de collègues siégeant au jury du CAPES d’anglais et invite les jurys d’autres concours à s’en inspirer :
« Afin de résister à une stratégie qui consiste à imposer une réforme avec un semblant de concertation (exemple : la commission Marois-Filatre), nous en appelons à la solidarité entre collègues du primaire, du secondaire, de l’enseignement supérieur, des classes préparatoires, des IUFM et de l’inspection générale : résistons aux pressions aussi bien ministérielles qu’individuelles. Ne servons pas de caution à une réforme inadmissible dont nous dénonçons les méfaits et que tous les secteurs concernés refusent en bloc. Le ministère en appelle aux « bonnes volontés » pour concocter anonymement des sujets-zéros, nous appelons à faire zéro sujet ! Que le ministère assume son autoritarisme jusqu’au bout et fasse les sujets lui-même ! »
Lire la "position" de la Conférence des Présidents d'Université sur libération