Après avoir répondu aux questions de Laurence Ferrari dans le cadre du 20 heures, notamment sur l'affaire Henri Proglio (qui fait un peu tache à côté de son discours pour une moralisation du capitalisme), le président [est donc allé] à la rencontre des inquiétudes des Français. Pour une heure et demie de dialogue façon café du commerce, avec les petites tables rondes qui vont avec. Face au président, un panel de 11 Français triés sur le volet, repérés dans les reportages de TF1. Le tout sous le regard bienveillant de Jean-Pierre Pernaut, qu'on ne peut pas vraiment qualifier de journaliste d'opposition et qui n'hésitait pas à "recadrer" le débat quand un syndicaliste se montrait un peu dur avec le président
Sans surprise, le résultat fut donc un show médiatique bien rôdé, très ennuyeux, où les grandes questions d'actualité (chômage, licenciements, agriculture, enseignement, hôpital public, banlieue ) ont été abordées mais sans réel contradicteur. TF1 s'est donné des faux airs de la Rai quand Berlusconi décide de s'inviter sur un plateau - même si ce dernier va parfois, lui, jusqu'à apparaître sur un trône surélevé par rapport à ses interlocuteurs. La question de savoir pourquoi un chef d'Etat refuse de s'adresser à des journalistes pour développer un discours populiste est intéressante. Qu'une chaîne de télévision majeure accepte de se plier à ce petit jeu malsain pour la démocratie est encore plus problématique. Comment, dans une démocratie, ose-t-on encore organiser une telle émission d'un autre âge ?