Déjà deux ans que Philippe Lioret avait offert le magnifique Je vais bien, n'en t'en fais pas, il nous revient encore avec un récit poignant, juste et sincère. Le cinéma de Lioret ne souffre pas du spectaculaire mais bel et bien de la justesse, justesse des portraits humains, que ce soit ceux du réfugié Bilal comme du maître-nageur Simon, les deux protagonistes principaux, mais aussi ceux des deux personnages féminins, Mina, la jeune femme kurde dont Bilal est amoureux mais qui est promise à un autre, et Marion, la future ex-épouse que Simon n'a su retenir auprès de lui. L'un qui essaye de retrouver sa belle, l'autre dont la femme s'éloigne irrémédiablement. Un film qui s'articule donc autour de l'opposition des deux hommes, Simon l'ex-champion de natation, Bilal, celui en qui Simon voit justement l'étoffe d'un nageur professionnel. Leurs différences, bien entendu, et c'est là toute la magie du cinéma, les rapprochent. Elles les rapprochent au point que leurs destins s'entremêlent inextricablement, entraînant celui de Simon dans une incertitude qu'il avait jusque-là évitée.