La zone euro est à un tournant : soit le « chacun-pour-soi » et le « sauve-qui-peut » l’emportent, au prix du sacrifice des Etats-membres les plus fragiles et, passé l’instant fugitif du lâche soulagement, nous constaterons avec effroi l’étendue de notre faiblesse, car les marchés s’attaqueront un par un aux pays isolés du « troupeau » ; soit le sens du collectif l’emporte, et, au prix d’un effort intense de solidarité financière, nous construirons un édifice européen plus solide, plus sûr, plus puissant.
A l’heure où les Etats-Unis se tournent plus volontiers vers Pékin que vers Paris, Berlin ou Bruxelles, nous voilà dos au mur, avec l’ardente obligation d’affronter un défi que nous ne pouvons plus ignorer. Pour résister aux attaques spéculatives, pour que l’Europe soit autre chose qu’un marché sans liant, soumis à toutes les tempêtes, économiques, sociales, politiques, l’Europe doit aller plus que jamais dans le sens de son destin : celui des Etats-Unis d’Europe. La création d’un véritable gouvernement économique, matérialisé par un ministère des finances européen en sera la première pierre.